21/10/2008

Gris c'est Gris

Le vol matinal Paris-Toulouse du lundi venait d'atterrir.

L'homme au costume anthracite traversa la hall de l'aérogare et caracola vers le parking ou l'attendait son pur-sang métallisé.

Il démarra en trombe au rythme de ses pensées galopantes.

 

- Réunion cadres à dix heures, songea-t-il savourant à l'avance les joutes menant  toujours son destrier à la victoire.

 

Après un week-end  familial morose et bridé, il piaffait d'impatience de reprendre son rôle de meneur de horde, dans lequel il pouvait lâcher les rènes de l'autre facette de sa personnalité.

La cavalcade à travers les rues ensoleillées de la ville rose ne tempéra en rien ses ardeurs.

 

- Qui vais-je cravacher aujourd'hui, se demanda-t-il en garant sa monture dans le box  directorial qui lui était réservé.

Il mit pied à terre, passa les doigts dans sa crinière poivre et sel, traversa  rapidement l'accueil, et entra dans son bureau gris-chic et sans âme.

Il bippa aussitôt sa secrétaire qui apparut  dans l'embrasure de la porte du bureau contigu, sourire rose-glossy, assorti au top égayant le tailleur sobre et de marque qu'elle avait choisi ce matin là.

A l'éclair qu'elle perçut dans ses  yeux , elle réalisa intantanément son erreur et frissonna :

"Trop élégante pour une subalterne"

 Même pensée simultanée chez ces deux êtres que rien ne rapprochait.

 

Fière elle ne courberait pas l'échine et tenterait d'esquiver les ruades.

 

Supérieur et hautain, ne supportant aucune rivalité  quelque soit le terrain, il s'imposerait en maître.

 

Il fit mentalement glisser le cuir de sa cravache entre les doigts.

- Je vais la mettre au pas,  juste un petit tour de manège avant la réunion,

 

tandis que son ordinateur interne accélérait la cadence à la recherche d'un prétexte plausible.

 

Gris vous ai-je dit ?

Du gris au rose il n'y aurait eu  qu'un pas

que jamais il ne franchit.

Du gris au noir aussi,

comme de l'équilibre à la folie.

 

 

 Toute ressemblance avec des faits, lieux et personnages ayant existé  serait purement fortuite. . .

23/09/2008

Quotidien : Détresse

 

Le rideau de fer de la supérette est baissé depuis bien longtemps et pourtant un peu à l'écart, appuyés sur leurs caddies, ils devisent entre eux. Je ne distingue pas leurs mots, mais ils ont l'air de se connaître, unis dans un même combat quotidien.

Deux hommes,jeunes, peut-être des étudiants, une femme d'un certain âge, sans doute retraitée et une la trentaine, enceinte. Au milieu de la foule, rien dans leur apparence ne pourrait les distinguer de vous ou de moi.

Monsieur et Madame tout le monde.

 

La nuit est presque tombée, peu de passants sur le trottoir, le boulevard est calme, la circulation fluide, et le rutilant tramway a réduit la fréquence de ses aller-retours.

Eux ne bougent pas non plus.

 

La porte à double battant s'ouvre et un employé tire deux containers sur le trottoir, et sans un regard vers le groupe referme la porte derrière lui.

Ce qui se passe maintenant, n'est plus de sa compétence, son service est terminé.

 

Aussitôt commence un étrange ballet :

Les deux jeunes rebattent les couvercles et déballent minutieusement le contenu des containers.

D'un coté sont posées à même le sol les marchandises pouvant être récupérées et de l'autre celles à jeter.

Les deux femmes s'approchent à leur tour et commencent à trier les denrées dont elles ont besoin, poulets, viande rouge, yaourts, fromages, oeufs, fruits et légumes, packs de lait cabossés, arrivés à date de péremption.

Ils discutent entre-eux à voix basse, se partagent équitablement ce qui peut encore l'être, et remplissent les chariots. Le fond est atteint et aussitôt les déchets sont rejetés, le trottoir nettoyé de tous les détritus.

Ils repartent silencieusement, chacun de leur côté, avec leur précieuse cargaison jusqu'à leur « chez-eux » sans doute, avec de quoi survivre jusqu'au lendemain.

 

SURVIVRE, c'est bien là le mot.

 

Et encore, il faut croire qu'il y en a que cela dérange!!!

 Plusieurs soirs plus tard :

Quelqu'un parle fort dehors, d'autres voix s'élèvent et le ton monte.

Des résidents de l'immeuble, bien nantis, invectivent « les pilleurs » qui tout en répondant mollement,les disputes n'étant pas leur premières préoccupations, continuent de récupérer leur nourriture.

Mais les harpies au balcon ne lâchent pas leurs morceaux et s'acharnent. Facile en position dominante au sens propre comme au figuré.

Pliés sous les méchancetés balancées lâchement, il se hâtent encore plus qu'à l'habitude, tandis que le poulailler poursuit ses vociférations et ses insultes.

N'y tenant plus, la jeune femme enceinte lève la tête vers ces fantômes dans le noir

et un hurlement d'animal blessé fuse, clair et désespéré dans la nuit.

 

La tonalité de cette voix leur cloue enfin le bec !!!

Les fenètres se ferment bruyamment,

mais ce cri ne les empêchera certainement pas de dormir.

 

La détresse vous connaissez ?

 

 

 

15/09/2008

Dichotomie des sentations

Fin d'une saison qui s'étire,

que l'on aimerait retenir pour n'en garder que le meilleur

mais que l'on a hâte de voir se terminer pour passer à autre chose.

 

L'automne est déjà en marche.

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Regardez , Touchez et Ecoutez

 

Trois de nos sens sont sollicités, mais...

 

 

10/02/2006

Du plaisir de vivre à Nice

Dès sept heures du matin la douce musique des chenilles qui prennent position me fait grincer les dents.

Non pas qu'elle me reveille, il y a longtemps que je suis debout, mais le bruit à force d'être répétif en devient très agressif et insupportable.

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Nous en sommes toujours au travaux du tramway. En fait c'est le réseau d'écoulement des eaux qu'ils sont obligés de refaire avant d'entamer la mise en place des rails.

Et quand les coups de butoir commencent, même les murs en tremblent!!!

 

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En bas au fond, la mer noyée dans la brume de la pollution, mais je crois quand même que je vais aller y faire un tour, le bruit du ressac sera surement plus agréable.

Le clip vidéo n'as pas voulu "passer", donc vous n'aurez pas le son!!!

 

 

 

17/03/2005

Nice, travaux

Voilà, mon boulevard à 7h30 ce matin. La journée commence pour les ouvriers, et pour nous pauvres habitants d'un quartier mis à mal.

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Nous avions un magnifique boulevard, large, avec de grands trottoirs, des platanes immenses, tous les 7 ou 8 mètres, qui formaient une écharpe de verdure à perte de vue.medium_photo_055.jpg






























Il n'en reste plus un, tous sacrifiés sur l'autel du tramway!!!

Et toute la ville est dans cet état.

Je vous laisse imaginer, le bruit des marteaux piqueurs, des pelles, des chenilles et autres engins, sans compter les concerts de klaxons à certaines heures...

Les coupures d'électricité, d'eau ou de téléphone, les odeurs pestilencielles qui remontent parfois jusque dans les appartements, comme hier soir.

Plus de bancs, d'abribus, de cabines téléphoniques. Les couloirs de circulation se déplacent de jour en jour ainsi que les passages piétons, arrêts de bus. Les places de stationnement sont réduites de trois quart, et les véhicules de la fourrière s'en donnent à coeur joie.

Hé oui, la ville nous a supprimé un grand parking gratuit pour y installer une fourrière. Sympa non ?

Ou est la douceur de vivre à Nice ?

03/03/2005

Le bleu et moi


le bleu en général


mon vieux jean




Mon étagère

20/02/2005

Hors normes

Je refuse que l'on me colle une étiquette qu'elle soit religieuse politique ou autre, je n'appartiens à personne

Je refuse de faire semblant de rire quand j'ai envie de pleurer (ou l'inverse), mais de temps en temps je fais les deux en même temps!!!!

Je refuse de Paraitre avec un grand P, au nom du fric, ou de la prétendue bonne éducation, d'ailleurs je ne crois pas en être capable.

Je refuse que l'on juge les gens sur leur apparence et non sur ce qu'ils sont en réalité, et qui a vraiment le droit de juger qui ?

J'ai appris a ne jamais me fier aux apparences, et je sais que tout est en constant mouvement donc impermanent par nature.

Je ne supporte pas que l'on puisse se servir de la force, du pouvoir, ou du chantage pour asservir les autres.

Suis je normale aujourd'hui ?