13/10/2005
Automne
Je n’aurais jamais cru que l’automne vienne si vite,
Ce matin en ouvrant la fenêtre, l’air frais m’a réveillé
J’ai ouvert les yeux, l’automne était là,
Manteau d’or et de pourpre étalé à mes pieds.
Depuis quelques jours l’été s’essoufflait,
Insensiblement.
Je ne voulais pas y croire, mais les signes ne trompent pas
Le ciel moins bleu,
L’ombre dans les ubacs plus noire,
Les hirondelles envolées,
Les silences plus profonds.
Quelle tristesse dans cette nature qui
S’étiole,
Se fane,
Se ride,
Se racornit
Feuille à feuille,
Court vers l’hiver avec des bottes de sept lieues
Quel déchirement.
La magnificence des couleurs n’efface pas ce regret !
Ou est l’été ?
Parti, envolé, comme les hirondelles.
Pourquoi vouloir retenir l’insaisissable ?
Je n ‘en ai pas le pouvoir .
Peu à peu les couleurs vont perdre leur intensité,
comme un beau souvenir qui s’estompe et s’oublie
du vert au jaune
du rouge au brun
du bleu au gris
les arbres et le ciel vont se confondre dans la nuit
une feuille rouge vole jusqu’à moi
goutte de sang d’un arbre au cœur malade.
06:35 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
12/05/2005
Rencontre gitane
Des rangées de petites maisons roses alignées trois par trois, dans cette banlieue de Nice, ou les champs et le lit du Paillon, servaient de terrain de jeux aux enfants du quartier.
Un peu plus haut, le camps des gitans, ou iI se rendait souvent, pour voir ses amis, blaguer, rire, jouer et refaire le monde en grattant sur les guitares.....
De ces moments du passés ne restent que les acteurs, le théatre de leur jeunesse a été rasé et reconstruit, et eux disséminés, ici et là.
Et puis un jour, la porte de son atelier s'ouvrit, et le passé ressurgit. Il avait retrouvé son ami d'autrefois. C'est ce jour là que je fis sa connaissance, et fut charmée.
Bonjour, gens du voyage,
Peuple errant épris de liberté,
à la recherche d'un idéal,
je vous salue.
Forains, musiciens, aiguisieurs de couteaux, ou rempailleurs de chaises.
Teint basané et cheveux noirs.
Marchande de fleurs, d'aiguilles ou de dentelles,
diseuses de bonaventure.
Robes multicolores et anneaux d'or.
Une rumeur dans le village: les bohémiens arrivent !
Fermez votre porte, ramassez vos poules crient les vieilles...
L'enfant a peur, car sa mère lui a dit : "si tu n'est pas sage , je te donne aux romanichels".
Le paysan aussi, face à l'inconnu qui vient troubler la paix de sa campagne.
Des hommes se toisent, l'un avenant, l'autre méfiant
Des mondes s'affrontent, stabilité et mouvement, richesse et pauvreté.
Et moi je rêve :
Roulotte branlante dans un champ
Chaudron noir et feu de bois
Guitare mélancolique,
Magie de ton regard,
Gitan ton monde m'envoute.
Katsou, ce billet est pour toi et ta famille .Si jamais un jour, toi ou Pipo passiez par ici, saches qu' il ne t'as pas oublié. Et moi non plus.
07:44 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
03/05/2005
Fugit Tempus
21:15 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
24/04/2005
Rupture de Leïla
Lorsqu'elle débarqua en France en ce froid matin d'hiver, elle frissonna, son vêtement était bien trop lèger pour un mois de février, même sur la Côte. Elle avait quitté sa terre natale quelques heures plus tôt, dans la douceur matinale, fébrile et triste en songeant à ce monde inconnu qu'elle allait découvrir de l'autre côté de la Méditerrannée. Mais son père en avait décidé ainsi, et loin d'elle l'idée de remettre en cause sa décision.
La veille, elle était allé se promener dans les dattiers, espérant apercevoir de loin l'élu de son coeur une derniere fois, et en graver l'image en secret. Mais en vain...
C'est ce visage qui était présent en cet instant, ou, sur le quai, elle attendait son frère ainé chargé de la récupérer et d'organiser sa nouvelle vie, et quand elle sentit une main ferme se poser sur son épaule le rêve fut rompu.
Leila le suivit docilement. Elle le connaissait peu vu leur grande différence d'age.
Petit à petit, sa nouvelle vie, se mit en place, elle apprit très vite les rudiments de la langue et pu nouer des relations, dans son entourage immédiat dans un premier temps, puis prenant de l'assurance, chaque jour un peu plus loin, lorsqu'elle échappait à la surveillance serrée de son frère.
Un jour elle fit la connaissance d'un homme, et quelques semaines plus tard transgressa règles et interdits, occultant même l'image devenue floue de celui resté au pays. Elle était jeune , belle et avait envie de vivre.
L'aventure dura quelques mois jusqu'à ce que son ami lasse de la voir en cachette lui pose un ultimatum.
Leila hésita longtemps, n'osant pas avouer la vérité à sa famille. Finalement, pas sure de ses sentiments elle refusa d'autant plus que depuis des jours le visage de celui resté là bas venait hanter ses rêves et ranimer un espoir fou.
Je trouvais donc Leila un matin en larmes au bas de l'escalier. Elle désirait que j'écrive une lettre à l'attention de son ami sous sa dictée. Aujourd'hui je vous en livre ici un extrait ainsi qu'une partie de son histoire "pour qu'elle serve à toutes les Leila de la terre" m'a-t-elle dit.
.
"Je voulais rester seule.
le temps passa,
il fut mon meilleur allié.
Il s'égrenna lentement, jour après jour,
jusqu'à ce que je te rencontre, toi, l'homme qui ne fut pas effrayé.
Tes pas s'attachèrent aux miens comme une ombre
nous avons fait un bout de chemin ensemble.
Nous marchions à côté de notre rêve,
nous avons cru être le rêve,
mais ton rêve n'était pas le mien
et mon rêve pas le tien.
Aujourd'hui nos routes se séparent, nos vies aussi
tu t'en vas vers ton avenir,
je reste avec mes souvenirs.
Tu t'excuses pour la déception que tu me causes,
ne t'en fais pas pour moi!
Tu peux partir, la porte est grande ouverte.
A trop pleurer je n'ai plus de larmes,
A trop souffrir je suis devenue insensible.
Si j'ai cru un instant que ton visage était celui de l'amour,
je t'en demande pardon...
Ce n'était qu'un tour joué par mon coeur affamé de tendresse
Ce n'était qu'un mirage.
Tu as été pour moi un oasis dans la traversée du désert
une source fraiche ou l'on aime boire.
J'ai bu jusqu'à ce qu'elle se tarisse.
Je n'ai pas étanché ma soif
De toutes les sources, il n'y en a qu'une qui puisse me désaltérer.
Pour l'instant elle s'est infiltrée dans le sable de mon pays et elle a disparu.
Je laisse au hasard le soin de la mettre sur ma route,
car on aime qu'une fois."
A la réception de cette lettre, l'ami comprit que son choix était fait et le respecta. Quant à Leila elle se retrouva de nouveau seule et eut tout le loisir de méditer sur sa situation future. En France elle avait appris à dire non.
Les évènement se précipitèrent avec l'annonce du décès de son père. Désormais elle savait ce qu'elle devait faire, les dattiers avaient besoin d'elle là-bas
Voilà quelques jours que Leila est retournée dans son pays, échappant ainsi à l'engeance que son frère toujours attaché aux traditions continuait à faire peser sur elle. Et par la même occasion, forçant ainsi la main du destin. Elle a grandi, muri, elle est forte maintenant.
Souhaitons lui de retrouver son oued et que son bonheur ait la douceur des fruits de ces dattiers qu'elle aime tant.
22:30 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note
13/04/2005
L'oiseau, ou le droit à la différence

Ce matin un oiseau s'est posé sur le rebord de ma fenètre
Un petit moineau couleur arc en ciel.
J'ai émietté un bout de pain, et il est venu picorer dans ma main, à petits coups de becs.
Rassasié il m'a chanté sa ritournelle :
- D'ou viens tu l'oiseau ?
- Du pays des couleurs inconnues.
- Des couleurs inconnues ??? Mais il n'existe pas d'autres couleurs que celles de ton plumage. Même en fermant les yeux je n'arrive pas à imaginer celles dont tu parles.
- Non, en effet, tu n'en pas le pouvoir; ton imagination se heurte à une barrière, et tu ne peux aller plus loin. Après c'est le vide, le néant , l'immensité qu'aucun humain ne peut découvrir.
-Tu es bien savant l'oiseau, pourquoi es tu venu dans notre monde ?
- C'est une triste histoire, tout a commencé le jour de ma naissance, je suis né différent de mes frères, les nuances de mes plumes ne correspondant à rien de connu dans notre univers. alors comme je n'étais pas comme les autres, ceux de mon monde m'ont regardé de travers, mis de côté, renié et chassé !
Un jour ils m'ont accompagné à la frontières des nuages et m'ont laissé tomber dans le vide.
J'ai atterri pas loin d'ici, et depuis je vole de branche en branche, à la découverte, et je suis émerveillé !
Ici, on me regarde avec admiration, on me siffle, on me nourrit, on me caresse on me parle on m'écoute.
Comme toi ! alors je me dis que j'ai de la chance.
- Ne t'y fies pas l'oiseau, notre monde n'est pas meilleur, ici aussi on renie, on discrimine et on persécute les hommes, et eux n'ont pas le bonheur de pouvoir voler vers un autre monde.
- Sois heureux l'oiseau, et à bientôt !
22:15 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
23/03/2005
Printemps
Cette nuit j'ai révé d'arbres en fleurs,
pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers,
bouquets roses, bouquets blancs,
s'éparpillant dans la campagne;

de petits bourgeons vert pâle
tendres et duveteux,
qui s'ouvraient sous ma caresse
comme sous la baguette d'une fée;
de vallons fleuris,
parsemés de paquerettes jaunes et mauves ,
de fragiles primevères,
ou je folâtrais...
Aujourd'hui 23 mars,
je saute du lit un sourire aux lèvres,
je pousse les volets un peu fort,
ils viennent taper contre la façade,
et mon sourire se fige.
Le printemps n'est pas au rendez-vous,
le charme est rompu.
J'ai oublié qu'ici le calendrier est toujours en avance.
Les champs sont noyés dans la brume,
le sol est humide, il a du pleuvoir cette nuit.
Le règne de l'hiver n'est pas encore fini,
le rêve s'estompe.
la maison est froide ce matin,
je vais allumer le poële,
un bout de journal,
quelques brindilles de genet sec,
une buche de pin,
une allumette,
et la flamme jaillit.
Le feu a pris,
un moment après le poële ronronne et répand une douce chaleur
la bouilloire chantonne un doux refrain de mon enfance
Chaque instant a son plaisir,Pour qui sait le saisir.
En attendant le printemps, son doux murmure me console.
16:15 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
09/03/2005
Seul dans la multitude
Lune voilée,
tristesse d'une nuit de ville,
embrumée,
sans étoiles,
parallélépipèdes géants érigés dans le noir,
serrés, entremelés,
labyrinthe de rues emcombrées,
marée humaine déferlante,
indifférence,
solitude.
J'aime flâner à l'heure ou les premières lumières,
yeux jaunes sur le noir, s'allument,
feux de joie, hymne à la nuit.
Heure tendre,
bénie par les gens heureux enfins réunis.
Douceur, quiétude,
abat-jour dans un coin,
lumière dorée et tamisée,
ombres douces et mouvantes.
Enfants, têtes brunes, têtes blondes,
penchés sur leur cahier,
devoirs, leçons, regard attentif des parents,
tendresse, harmonie, détente.
Ralentissez le pas gens du soir,
arrêtez vous un instant,
pour tendre une main,
faire un sourire,
dire un bonsoir.
Ne restez plus anonymes,
réchauffez d'un geste,
d'un regard,
d'un mot,
le coeur de ceux qui rentrent seuls.
17:43 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
16/02/2005
Lettre à Noël, berger à Peîre Grosse (extrait)

j'aimerais bien te suivre, berger, tu as l'air si heureux.
Tu t'arrètes un instant appuyé sur ton bâton,
tu tends l'oreille,
le tintement de mille clochettes parvient jusqu'à toi, sur l'aile du vent,
écho du troupeu, bêlant et ruminant.
Tout semble calme là-haut.

Assieds-toi un moment sur cette pierre, tes vieilles jambes sont fatiguées,
ta vie est faite de pas, de millions de pas,
tu connais tous les détours du chemin, chaque pierre, arbre, buisson,
tu vis à l'heure du soleil et des étoiles,
d'un regard sur le ciel, tu prévois le beau et le mauvais temps,
tu as découvert le pouvoir des plantes qui soulagent et qui guérissent
Dis berger, raconte moi tes secrets;
Dans tes yeux bleux, délavés par les ans, passe un sourire, tranquille, mystérieux.
Déjà tu te lèves, ramasses ton bâton, éternel compagnon,
tu reprends ton ascension vers les sommets, sans un regard derrière toi.
Dans une heure tu seras la-haut , devant ta cabane,
les chiens viendront t'accueillir, joyeux aboiements.
Tu déchargeras ton ane, rangeras tes provisions,

les chèvres folles viendrons lécher le sel rose dans tes mains,
puis tu gouverneras tes bêtes dans l'enclos
le soir tombera lentement, et une à une les étoiles s'allumeront.
Alors, assis devant ta porte, tu prendras un instant de repos ,
dans le calme de la nuit. jusqu'à ce que le froid t'attrapes,
tu feras une flambée, mangeras un bout de pain et de fromage
et iras te coucher sur ton lit de paille.
Et demain tout recommencera !
Demain ?
Berger, toi qui a choisi la paix, n'as-tu pas peur qu'on te la vole ?
Que sera demain, dans un mois, dans un an , dans dix ans ?
05:45 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10/02/2005
Petits matins d'hiver

la faible lueur du jour naissant s'infiltre entre les lames des volets,
le froid de la nuit a collé du givre aux carreaux,
silence dans la maison endormie,
petits matins d'hiver
tiède chaleur d'un édredon,
doux duvet,
je vous aime.
Les yeux fermés,
je pars à la recherche d'un rêve éphémère qui s'est enfui avec la nuit,
Tant pis !
petits matins d'hiver
enfouie sous les couvertures,
je vous déguste,
Et entre rêve et réalité le règne du jour commence.
l'esprit s'éveille,
s'anime,
et se remet au travail.
Mille pensées m'assaillent,
animées,
colorées,
sonores,
clichés fugitifs.
Elles se succèdent à une allure folle,
se poussent,
s'appellent,
se rencontrent,
s'unissent,
se recoupent,
se séparent,
s'évanouissent.
Tumulte dans la tête,
arc en ciel de couleurs,
symphonie musicale.
fantastique travail de la mémoire,
résurgence d'une cascade de souvenirs que je croyais perdus,
enfouis à tout jamais dans le goufre de mon subconscient.
Mon lit devient navire,
je vogue sur la créte d'une vague,
et déja une autre m'emporte,
un peu plus haut
un peu plus loin, vers la prochaine.
Bateau fou
bateau saoul,
je m'abandonne,
je me laisse flotter,
glisser,
entrainer,
vague après vague,
idées après idées,
vers le rivage,
ou elles vont s'épanouir,
les petits matins d'hiver
23:15 Publié dans Ecrits | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



